En 1984, neuf mois après une fracture catastrophique de condom de qualité soviétique, une nouvelle petite communiste est née dans les banlieues de Moscou.
Je fus appelée Marina pour qu’aucun enfant doté d’une créativité dans les limites du commun ne puisse m’inventer de surnom. Récemment, le nom m’a enfin adoptée complètement, alors que je suis tombée en amour avec la mer et la voile.
Les premières dix années ont passé à manger plein de lagman, regarder des missiles s’envoler des steppes du Kasachstan, préparer des patates, apprendre l’algèbre et les oeuvres d’Homère, laver le linge à la planche, faire boire de la valériane au chat, et lancer des oeufs sur les passants du haut de notre appartement au neuvième étage.
En 1995, lorsque mes parents ont déclaré qu’on allait vivre au Canada, j’ai préparé ma jupe en paille parce que j’avais l’idée que le Canada était quelque part dans les Caraibes. En novembre, nous sommes atterris à Montréal vêtus de manteaux de fourrure, de chapeaux de fourrure, et de bottes de laine bouillie, avec une valise en main chacun.
Après plusieurs années passées à manger du jambon passé date vêtue d’accoutrements hauts en couleurs de l’Armée du Salut, j’ai appris le français et je suis devenue Québecoise.
Vers vingt ans j’ai trouvé quelques amis extraordinaires, puis passé quatre années affreuses à fouiller dans les méandres du génie mécanique, entourée d’Ontariennes vêtues de coton ouaté écrit McGill dessus.
En 2006 je me suis échappée pour un an de ce haut lieu bourgeois de la connaissance en échange à Munich, ou j’ai appris à skier, à nager et à manger des Weisswurst. J’y ai aussi rencontré Sigurd, un blond norvégien fou du plein air, qui est toujours dans mon lit depuis ce temps.
Après avoir fini l’université (mais pas les cauchemars sur le thème “j’ai un examen final demain sur un cours que je me rappelle pas d’avoir pris du tout”) je suis allée rejoindre Sigurd en Norvège, ou j’ai débuté une glorieuse carrière de consultante stratégique en énergie renouvelable. J’y passé deux ans à skier, regarder la pluie, me promener dans les montagnes, glisser sur les trottoirs, m’ennuyer du soleil et de mes amis et apprendre la voile.
Malheureusement et malgré les époustouflants paysages, la vie en Norvège n’est pas du tout pour moi, et je quitte mon travail le 20 novembre pour partir à l’aventure autour du monde pour une durée indéterminée. Le reste – inconnu…
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