Quatorze heures d’avion changent beaucoup trop de choses. On quitte – il faut chaud, les conversations dans la rue ne sont pour nous qu’un bruit de fond, on est dans une bulle sociale qui ne contient que nous deux, on n’a que deux petits sacs de vingt litres comme possessions, un trajet à décider, du vélo à faire, on ne sait pas ou on va dormir ce soir, on mange de la bouffe de rue, on n’a pas de rendez-vous, d’engagement à tenir.
Quatorze heures plus tard, il y a une pluie froide, la lumière est bleue d’hiver, les rues sont énormes et propres, il y a des cathédrales et des autobus rouges, et puis il y a ma mère, la famille de Sigurd qui arrive, il y a des amis à voir, il y a de la bouffe dans le frigo, il y a une valise pleine de vêtements à moi. Un peu bizarre, mais excitant. En arrivant à la nouvelle maison de ma mère, Sigurd et moi avons été frappés par le silence. Un silence sans vent, humide de brume nocturne, éclairé par la lumière jaune que le lampadaire pleure sur la rue vide. Ou sont les klaxons, la construction, les conversations, les chiens, la roulotte à vidanges? On a un peu de la difficulté à dormir sans ce bruit.
Tout de même, en retrospective, maintenant que je suis sous le choc total de la Norvège, je crois que Londres fait partie de la suite au voyage, et pas une fin. Après avoir atterri, on s’est tout simplement sentis comme si on n’était jamais partis: on n’était pas complètement déroutés ou pris d’un vide incompréhensible comme je le suis maintenant, au nord du monde. J’ai découvert une nouvelle maison dans un nouveau coin de West Sussex, j’ai revu des gens que je connais bien mais qui ont quand même été merveilleusement transformés par les deux années qui ont passé, la ville ou j’avais déjà été m’a semblé complètement nouvelle et extraordinaire, j’ai visité des endroits dont je n’ai jamais entendu parler, j’ai été gorgée d’amour. C’était un merveilleux neuf jours.
D’abord, nous avons passé une soirée tranquille et délicieuse avec ma mère et Torbjørn, j’étais contente de voir la beauté de la maison qui a été rénovée de fond en comble par Torbjorn qui s’y est mis corps et âme; un peu de vin, un peu de pain et de fromage, des chocolats, du bon thé. Le lendemain nous rencontrions la famille de Sigurd pour préparer la célébration du demi-siècle de ma mère. Nous avons passé la journée à Brighton, après avoir passé quatre heures la veille avec les gars à préparer un élaboré festin russe et le fameux gâteau d’Anne Elisabet. Voici des clichés:
Decisions, decisions. Ça a pas l’air d’une job facile…

Nous avons enfin ouvert la bouteille de Malbec 2004 que j’avais traînée dans mon sac à dos autour de tout le continent Sud-Américain avant de la confier à Dominic pour qu’il la transporte à Montréal à la porte de ma mère, qui l’a ensuite amenée avec elle en Europe. C’était délicieux!

puis, on a obligé la délégation norvégienne à caler de la vodka et à manger un cornichon après, même si ils étaient très réticents à l’idée

ma mère est fière de nous tous, en train de terminer son cornichon

c’est un bon bout en train. En bonne Norvégienne, Anne-Elisabet s’occupe à tricoter

Torbjorn est heureux d’écouter les histoires de tout le monde

Sigurd fait l’Ouzbek

Jorunn en train de vérifier l’horaire du train, en jeune femme métropolitaine

Une visite très divertissante au Urban Outfitters à Brighton – envie de tout, besoin de rien

Il vente follement à la mer

plein de boutiques cool, comme cette librairie de livres anciens

Des pubs, des fish and chips, des ale

La belle lumière d’hiver

A Londonite

Une tentative amputée d’aller voir la mer – on a tous failli mourir emportés par le vent

du vin chaud dans le pub

Retrouvailles avec maman!

Mulled wine, Guinness, le choix est satisfaisant.

mmm

…

Ma mère et Anne Elisabet communient entre mères en s’extasiant ensemble devant de petits gâteaux et des petites tasses etc.

OMG!

après ça Sigurd et moi sommes allés faire un tour à Londres pendant que les autres magasinaient. J’étais vraiment fascinée par la beauté de cette ville: je me sentais dans un film.

…

on est même tombés sur le fameux camp de manifestants devant la St Pauls Cathedral

comme c’était beau

et élégant

un matin, nous sommes allés voir Sam (avec qui on a habité en Australie) et nous nous sommes gorgés de sa joie d’être en train de vivre une vraie renaissance. Il nous a amené sur Brick Lane, un coin de Londres qu’on n’avait, étrangement, jamais connu, mais qui est aussi bohème, international et hipster que le quartier qu’on habitait ensemble à Melbourne. Excellent.

Il y a de l’art partout sur les murs de Brick Lane, c’est plein de cafés alternatifs et de petits restaurants ethniques. Voici les deux amis pleins de joie de se retrouver. C’était vraiment bizarre et aléatoire de se voir à Londres, de toutes les places.

Sam the poet

le dude en background dans toute sa gloire impressionniste

Une cigogne géante sur mur de brique: un classique

surplombant un enfant du monde géant sur autre mur de brique, évidemment

Les jours ont passé à toute vitesse, et c’était rapidement le temps d’enfin revoir Chantal, my really really really good friend, ;) , et Nick, notre Brit favori avec lequel on a grimpé tant de sommets en Bolivie. Encore une fois, extrêmement bizarre de voir tout le monde à Londres. Nous avons passé deux journées absolument parfaîtes sur Brick Lane et chez Nick à Camden, à déambuler dans les rues et les marchés, parler sans cesse et manger. C’est comme si on était tout droit sortis d’un film sur l’amitié.
D’abord, voici un musicien de rue qui était en train de jouer des concertos vertigineux, seul seulet dans l’écho de cette arche de pierre

Nick!!!

Sigurd!!!

Dans un salon de thé très english en brique, plein de brouhaha et de chaleur, ou tout le monde avait accroché leurs foulards sur le dos de leur chaise pour savourer des parfums inouis dans de grandes tasses de porcelaine fine blanches comme neige. Parfaît.

CHANTALLLLLLLLLLLLLLL!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Magnifique comme une English Rose. Plus belle et plus extraordinaire que jamais.

Prête à verser le thé

Mulled wine au Camden market, qu’on a brossé en long et en large en goûtant à des disaines de plats plus internationaux les uns que les autres dans les kiosques entassés dans les allées.

Je n’avais jamais vu un marché d’antiquités avant.

Camden est superbe. Également une découverte pour moi.

des lampions!

Une petite fille qui s’appelle certainement Ann ou Clarence va avoir des gaufres

C’est plein de vieux bronze et de fer forgé

Il y a une énorme boutique techno qui vend des vêtements hallucinants sortis tout droit de Futurama

Chez Nick à Camden, de sa fenêtre. Il habite dans un superbe appartement blanc et lumineux, fait pour l’amitié.

Et, attention, chez eux il y a un chaton qui est tellement cute que c’en est dégoûtant. C’est tellement le genre d’animal que les compagnies de papier de toilettes s’arracheraient des mains. On avait de la misère à raisonner nos cerveaux, qui étaient partis galoper sans contrôle en criant Minouminimanaiminou face à la toute puissante cuteness du chat. Êtes vous prêts?

OMG!!!!!!!!!!! Come on!

ohhhh

Tu veux tu une balle, petit chat? J’ai mal au cerveau

Il pourrait tellement partir une secte

Deux jours plus tôt, j’avais vu un livre intitulé “Hot Guys and Baby Animals” et il fallait absolument que je photographie Nick sous cet angle. Filles, vous pourriez être le chat. Et Nick est un mathématicien. Et il habla espanol.

…

Ok encore un peu

!!!!

!!!!!

OK si vous êtes encore vivant, voici une scène touchante : la passation du citron.

Un matin de rêve avec des heures de café, de crêpes et de la buée dans les fenêtres

Charme infini

Nick se fait dominer par la crêpe. La photo est injuste en fait, il était vraiment bon pour flapper des jacks.

C’est Noël!

Grace Kelly

une petite dernière

…

Chantal et le Chat. Chez ma mère.

Voilà donc, quelle belle continuation, je retourne à Londres le 10 janvier pour plus d’amour.
Un retour sur les kilomètres, donc, au prochain épisode.
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Best weekend ever ever ever!
Salut Marina!
Ca fait tout drole que tu sois rentree en Europe! Je te voyais traverser l’ex URSS comme Michel Strogoff!
Je suis desolee pour vos mesaventures au Vietnam. J’ai vecu un peu la meme chose en Roumanie (et je parlais roumain a l’epoque). Du style, les prix pour europeens de l’ouest: tu prends le prix pour un roumain, tu multiplies par trois, et tu rajoutes un zero pour faire bonne mesure. Impossible de leur faire comprendre qu’il y a plein de chomage en France, et que les loyers sont tres chers.
Ton dragon (la statue) a Londres, tu l’as trouve ou?
Si tu as l’occasion de passer a Paris, ne manque pas de faire un tour au marche de la rue Poncelet (75017): tu as plusieurs marchands de fruits et de legumes (avec des artichauts!), des poissonniers-ecailliers, des fromagers, des bouchers (y compris un qui vend de la viande de cheval, du saucisson d’ane etc.). Les etalages sont super (surtout les fruits de mer!).
Ta mere est super jolie :)
Grosses bises et meilleurs voeux pour 2012!
Helene
Bonjour Marina
je t’envie pour tout tes voyages,surtout le Spytzberg j’y monte en juillet j’aurais un renseignement a te demander je viens de voir sur un guide touristique que pour ses moindre déplacements il faut les signaler au gouverneur es ce exact???
je suis tombé amoureux de cet endroit!!!!
en tout cas continu de nous faire rêver
cordialement jean antoine.
seulement si tu vas en dehors de la ville, ou il y a des ours polaires et ou tu ne peux pas aller sans fusil. (tu peux louer des fusils sur place si tu as de l’expérience gros calibre et fais une demande de port d’armes au gouverneur)