Seulement une semaine après avoir profité d’un weekend en bikini à Trondheim (14C oblige) nous avons enfin entrepris le voyage vers le sud, dans la longtemps convoitée et tellement prisée région de Jotunheimen – montagnes et glaciers. Nous avons été chanceux car quatre jours de soleil de suite c’est presqu’un rêve en combinaison avec une longue fin de semaine – je croyais que ça n’arrivait que dans les films!
Après quelques heures de conduite nocturne sans peine (il ne fait plus noir ici pour quelques mois) nous avons commencé à grimper les 1600 mètres que nous a offert l’autoroute 55, un cadeau bien apprécié surtout vu la qualité du “déblayage”

La vue à ce point était pas pire

et nous nous sommes bien installés en camping, bien au dessus de la ligne des arbres, près de l’auto et d’un marais. Après un délicieux souper fabriqué vers 2h am et un peu de lecture à l’air libre (oui oui il fait si clair!) nous avons découvert que le sac de couchage de Sigurd n’a pas été vraiment séché depuis avril dernier et nous nous endormîmes donc dans un environnement d’odeurs nouvelles et fascinantes. Le lendemain matin nous faisons la grasse matinée sur notre nouvelle terrasse

avec du café bien sûr

En après midi nous avons enfin délié nos jambes et enjambé la première montagne. Contents d’avoir enfin atteint la neige, car monter à pied avec tout un equipement de ski sur le dos c’est moins cool

Je suis contente d’arriver enfin au sommet, et je sens que mon corps n’est vraiment plus habitué aux skis. J’ai des douleurs partout! :)

mais une belle vue

Nous sommes arrivés tellement tard au sommet (vers 8h pm) qu’on a eu la chance de skier dans la lumière du soleil couchant. Quelle fascination de ne plus ressentir le stress de la nuit tombante – en aucun temps de la journée il n’est dangereux d’être en montagne! Sigurd profite des premiers mètres dans une lumière magnifique

et on voit loin dans les vallées vertes et profondes

Sigurd a de la misère à prendre des photos quand l’objet bouge, mais ceci est son meilleur coup

Sigurd est toute cute à l’issue de la magnifique descente dans la slush du soir! seulement une petite demi heure jusqu’à l’auto

et encore la belle lumière

Le lendemain matin, nous achetons un peu de fromage dans ce bucolique et follement vert village de Fortun

puis nous avons entrepris un projet autant ambitieux que magnifique – monter Le Grand Pic des Anneaux, une des montagnes les plus prisées en Norvège. Décidément, elle en vaut la réputation – le voyage commence par une longue approche dans une vallée le long d’une rivière animée par les glaciers fondants. Il faisait un soleil radieux et l’air sentait l’herbe chaude et la terre

Cette composition pleine de sensibilité ferait, selon nous, une magnifique carte postale pour un être cher… mmm?

Nous nous faisons photographier en couple enfin

et on continue dans le beau paysage

Le couple devant nous achève l’approche… bientôt il faudra monter. Comme j’ai été distraite, j’ai oublié d’éteindre mon beeper d’avalanche la nuit d’avant et mes batteries étaient à terre. Il s’est révélé que c’était pas une bonne journée pour se promener sans équipement car l’air était peuplé de bruit et de tas de neige qui dévalaient vite et lentement à des disaines d’endroits. Nous nous sommes assis pour nous reposer un peu juste avant de monter sur un flanc très apic que nous devions traverser. Le flanc avait l’air douteux avec plusieurs craques, une rivière dessous et quelques avalanches déjà passées, mais nous n’y faisons pas trop attention. Quelques petites minutes après nous être assis avec notre sac de noix, nous entendons un bruit du ciel, puis la moitié du flanc dévale, effacant les traces des skieurs précédents, pendant au moins une minute entière. Soudain le fait d’avoir pris une petite pause nous paraît une excellente décision – sinon nous nous serions retrouvés en plein dedans… Ça facilite pas notre progression – nous pensons longtemps à nos alternatives car l’autre moitié du flanc pendait encore sous quelques trous béants haut au dessus de nos têtes. Nous essayons de grimper la roche glissante au lieu d’y aller sur la neige, mais tout était beaucoup plus apic et plus haut qu’on pensait et, le coeur battant, nous avons avorté le projet après une demi heure d’agrippage de roc mouillé et lisse et d’herbe un peu trop verticalement accrochée. Après deux heures de crise cardiaque, nous avons amassé le courage de quand même traverser le flanc à toute vitesse en gardant un oeil l’un sur l’autre, et de l’autre côté on se sentait bien plus confortable, malgré les occasionnelles chutes et glissades de plaques de neige chaude.

Je trouve même le courage d’apprécier une banane

Une jolie promenade sur le glacier, et pour terminer une bonne montée : )

Apràs avoir enfin gravi nos derniers cent mètres à pied, nous nous méritons une vue du sommet absolument fantastique

On voit enfin ce qu’on a essayé de grimper et ce qu’on a réussi à traverser sans incidents – il s’agit de la face complètement à gauche et en bas de l’image… ouf

marveilleux

Sigurd fait le casual chix mountain climber

en descendant, notre montagne a l’air sévère

Un barrage électrique était installé sur la rivière et ce signe était placé près de l’endroit ou il y avait pas mal de bruit mécanique… j’veux dire si t’es déjà trop cave pour vouloir te baigner dans un barrage, c’est pas l’affiche qui va t’aider, pire – le ptit bonhomme à l’air de pas mal s’amuser…

les nuits d’été en Norvège sons sans étoiles

Le troisième jour, une longue randonnée avec un dénivelé considérable mais lent, une de nos plus belles escapades. On arrive au bout d’un glacier bleu

de l’autre côté, une falaise débordante

et c’est tellement joli l’eau bleue

Je relaxe vraiment, wow

Au bout de cinq heures, nous traversons un col, tournons, et…. ah! le Grand Ours, la plus CUTE montagne au monde, a eu ce nom parce qu’elle a l’air d’un ours tourné de dos avec ses deux oreilles faites en roche. Tellement! Et il est en train de marcher et son épaule droite est faite en roche aussi! CUUUUUUUUTE! Bien sûr à ce point on a presqu’un 360 de montagnes à perte de vue autour de nous.

Nous montons le dos du bel ours (wow, c’est un plus grand effort que je croyais) pour aboutir à la plus cool merveilleuse arête d’ou on voit loin loin! dire qu’on est en juin – quel pays de neige!

Un des plus grands glaciers d’Europe bien couvert devant nous et ça a l’air d’un désert blanc qui irradie de chaleur comme une feuille de papier alu

Les pics d’hier devant

Nous descendons sur ledit glacier en trainant derrière nous une grosse et paresseuse avalanche de slush et oh – FOUR! Il fait tout d’un coup tellement chaud qu’on se sent comme un saumon en papillote- le soleil nous tape soudain de partout, d’en bas, d’en haut, des côtés, et si on bouge pas la brûlure est presqu’insupportable

voyez comment c’est chaud et fondant

Pour l’occasion on a du se couvrir de SPF 50+ et on a l’air de terrifiants clowns

La rivière et le soleil commencent à avoir raison de la grosse méringue qui s’écrase dans l’eau

Le soir on s’installe à un autre bucolique endroit avec quelques bières et un livre

La nuit ici est jolie (1am)

avec un petit lac à côté de chez nous

Et le dernier matin un dernier petit projet – le plus haut sommet de la Norvège (un piteux 2500 m). La route nous amène à 1800 alors c’est une petite journée.

Le sommet est complètement calme et nous sommes pas mal contents

une jolie vue, aussi

Sigurd le gitan se sauve avec toutes ses possessions… cours gitan, cours!!

et wahoo, la saison de ski est finie! demain la voile en Grèce avec mes personnes préférées! “: )

Vous aimerez aussi:
- Finale de saison ski dans le boutte de Tromsø (là ousse que c’est polaire là…) De retour avec probablement le dernier ski de l’année, mais qui sait? dans le grand nord bien au dessus du cercle polaire, il fait maintenant clair pas mal toute la journée. Jeudi nous avons entrepris le road trip de 17 heures plein nord (en fait 18 heures parce qu’à un...
- Kamtjønnskoia La semaine dernière j’ai enfin eu l’occasion d’essayer pour de vrai mes skis de fond backcountry pendant le voyage vers un refuge perdu dans la brume. Après une longue randonnée de nuit, Sigurd et moi nous sommes perdus un peu dans le vent et avons décidé de passer la nuit...
- Pâques 2009 – Ystetind à Molde Cette année, en prenant trois jours de congé, on s’est retrouvés avec dix jours de congé de pâques. Comment dépenser le dix jours était un sujet de discussion enflammé, et nous avons décidé de d’abord conduire vers le sud jusqu’à Molde (4h) puis reprendre la route des îles Lofoten au...
- Lofoten = pays des merveilles Nous sommes revenus des Lofoten mardi matin et je suis encore pleine d’émotion, ce voyage a été extraordinaire sur tous les plans et clairement un souvenir merveilleux pour toujours. La route me manque, comme les paysages et notre petite gang de quatre qui était si parfaite, et ça me déconcentre...
- Romsdalshorn – un temps de chien En fin de semaine nous avons effectué une autre ascension qui selon les photos peut paraitre amusante mais qui ne l’était qu’en partie… La montagne s’appelle “la corne de Romsdal” et a une forme très cool, ici en plein milieu de cette representation artistique de la région (d’ou provient Sigurd)...
trop bien les photo vous m’avais vraiment donner envi de go aux ski cette hiver merci pour ce voyage vraiment magnifique