Je suis à Montréal depuis bientôt trois semaines. Il est depuis longtemps l’heure de se coucher, dehors bourdonne de flaques écrasées par d’interminables pneus d’hiver et le projecteur de la Place Ville Marie pellete les nuages de pluie. Les derniers soixante jours ont passé comme un rêve fou sans interruptions, vélo cambodge malaysie londres molde trondheim londres paris montreal, plein d’absurdités, de nouveaux visages, de visites, d’histoires, de bras ouverts, réflexions, dépressions, retours, départs, incohérences, indécisions, passions, découvertes, réconciliations, aveux, mots, innombrables nuits blanches. Du voyage il me reste encore quelques bouts à poster de temps en temps pour avoir une excuse d’écrire.
Début janvier je passe une semaine avec Alex à Trondheim, à ne jamais dormir. Je découvre les nouveaux amis d’Alex et comme d’habitude, nous tombons sans cesse sur de nouvelles sources de fascination qui nous empêchent de fermer l’oeil. Regarder des noix de grenoble au microscope, essayer une nouvelle sorte de vodka, flâner en ville, faire de la bouffe bizarre, la semaine passe comme un ouragan et me laisse soudain à court de souffle dans l’avion – le vide éclatant et surprenant à revivre, à refermer encore. C’est l’heure des départs.
À Trondheim, il y a plein de neige et la lumière d’hiver est, comme toujours, des plus féeriques

de belles personnes – Catalogne, Norvège

ces norvégiennes…

Jokin

histoires

Je retrouve avec désespoir les titres des journaux norvégiens qui ne se sont pas améliorés… “Ulf a eu la moitié de l’amende parce qu’il est SUÉDOIS” et “Alarme bactéries – une épidémie décime la Norvège” ouain.

Je rencontre aussi le superbe Yousif, l’ami SouthSoudanais d’Alex qu’on initie aux bagels! Alex a bien pris soin de m’attendre avant d’utiliser le bagel mix qui lui fut envoyé transatlantiquement pour Noel par sa soeur.

ça prend trois heures; on aime ça

ça nous laisse amplement le temps d’avoir de la joie

prêts pour la marmite

les gars s’affrontent lors d’une partie sanglante – wow

Yousif ne se laisse jamais vraiment décourager

Renouant avec la Russie – vodka, pickle.

la vue incroyable de chez Alex. Je me rends compte, estomaquée, qu’on a jamais essayé de faire de la voile à la pleine lune pendant que j’étais à Trondheim. Je hurle de regret. Puis je pars. ouch.

De départs en retrouvailles, je reviens très vite à Londres et y accueille Camille qui vient m’y rendre visite quelques jours.
Camille toute en beauté prête pour les charmes britanniques

On aperçoit cette vue toujours très soudainement en sortant de sous l’un des nombreux ponts de South Bank, et la lumière la rend toujours différente. J’adore

Camille et moi nous retrouvons en marchant une vingtaine de kilomètres dans toutes ces rues courbées, papotant de la guerre, d’amours et de vie

touriste un jour touriste toujours

il fait bon et froid

et Londres est si belle, si belle encore

…

Camille fume une clope après l’autre en regardant les patineurs aux skills affreux sur cette patinoire au centre ville – tout le monde tombe sur les fesses, se rentre dedans, crie d’horreur ou piétine ou titube en s’agrippant très fort à la paroi. Ça coute 12 GBP cette patinoire mais par un hasard inoui une dame nous approche et nous refile ses billets de trop. Nous y passons donc une bonne heure à démontrer nos racines nordiques et nos compétences en sports d’hiver.

oh st james

Le lendemain passé à boire des thés dans les divans Montréalais de ma mère et à jouer du oud que Camille amenait direction Turquie

que c’est beau cet instrument… même si on a rapidement fait fuir le chum de ma mère au deuxième étage avec notre musique arabe

puis voilà j’amène Camille chez Nick qui nous fait des bangers and mash en vrai gentleman britannique

Cela satisfait Camille

après quoi on rencontre un gang de rue avec un chien nommé Snoop Dog. Sérieux… Du pain doré le lendemain, à nous fasciner de nouveau de l’incroyable lumière qui traverse cet appart Camdenien

comme les matins toujours devraient être

on retrouve chat cute qui commence a avoir le bout des poils gris et les yeux moins bleus… mouain mettons qu’on l’a aperçu au sommet de sa gloire

visite du flea market avec mes deux amis

ils s’entendent à merveille

et le temps est parfai

ma foi, dommage que le Eye soit hors service. Nick allait nous y inviter!

englishman in NY

Camille est partie très vite aussi, seulement après quatre jours passés ensemble, voilà un autre départ à durée indéterminée…re-ouch.
Je retrouve ma mère et nous allons faire un tour sur la côte. Une belle journée, on est contentes

on décide de ne pas nous limiter à la terrasse du café – on passe les barrières à moutons et marchons un bon demi kilomètres avec nos tasses de cappuccino échevelées par le vent

la vie la vie

et Brighton elle est belle aussi

avec ses petites maisons de plage

l’hiver lui fait bien

…

…

…

c’est magnifique, ça sent les algues à plein nez, la marée recule vite

…

oh dear! young ladies

c’est l’heure d’attraper des poissons

ainsi parla la mouette

la marina carillonne, il vente fort

…

..

…

des nuages d’oiseaux virevoltaient en changeant constamment de forme comme une aurore boréale, fluides, imprevisibles, précis

je capote. Je reste sans voix à les regarder pendant au moins une heure même si le vent fraîchit. La lumière bleue.

…

ce ne sont plus les Montréalais qui me liront! à venir, Paris le dernier petit bout, puis ma ville à moi, pleine de iphones, de bagels, d’amour, d’aventures, de folies, d’émerveillement. Tout le monde est tellement gentil et plein d’amour que Montréal me décape entièrement le coeur. À voir la suite…. rien n’est décidé, tout est incertain