Salut à tous – un petit message rapide avec quelques photos en vrac du magnifique bateau et notre vie en mer, avant de repartir dans une heure vers le Cap Vert.
Arrivant à Brest la nuit du 20 décembre, nous avons trouvé le bateau après un peu plus d’une heure de recherches dans un port très industriel. Fatigués de chercher, nous avons demandé aux gars saouls du premier pub qui avait l’air bien marin, et on nous y a de suite amenés. Quelle beauté!!!! Nous avons d’abord aperçu son hunier roulée, la petite voile carrée juchée en haut du premier mat, puis sa silhouette magnifique, flottant comme une reine sur l’eau.
Tout le monde dormait alors on nous a rapidement servi une assiette de fromages et nous sommes allés nous coucher, les trois dans la même cabine.
Le lendemain les deux grands bateaux (le Bel Espoir et le Rara Avis) ont eu la chance de larguer les amarres et de lever les voiles après quelques heures de brouhaha général.
Ensuite les jours se sont enfilés à une vitesse incroyable malgré le peu qu’on avait à faire. Trente nouvelles personnes à connaître, plein de trucs à apprendre sur le bateau, tout en mangeant des plats super cuisinés par Laurent et en dormant quand bon nous semble. Dès la première journée nous nous sommes retrouvés à la barre du bateau, le nez dans le compas, et accrochés aux cent cordes qui pendent de partout, empilés les uns sur les autres dans la soif d’action et de connaissance, dérangeant grandement les maneuvres.
Il y a sur le bateau une variété rafraîchissante de personnes, plusieurs avec une histoire passionnante ou une personnalité étonnante. Après deux ans d’hibernation sociale en Norvège, je me suis retrouvée complètement dépourvue de repères et je ne sais plus comment me conduire en public. C’est difficile de doser sa présence et sa curiosité, et trouver l’équilibre entre l’espace qu’on laisse et celui qu’on prend. J’espère que le temps fera encore sa petite magie et tout entrera bientôt dans l’ordre.
J’espère vous raconter les gens lorsque je serai au Cap Vert.
Pour l’instant, quelques photos sans ordre.
Un moment magnifique avec la belle Laia de Barcelone, qui m’a rempli les poumons d’une joie irrationnelle – peler les patates dans la mer bleue en filant à une vitesse folle.

Monter dans les enfléchures malgré la peur – étais je attachée? ;o)

Sigurd à la barre, le capitaine baille derrière

Au départ de Lisbonne, après une semaine d’alcool au port (ou on apprend à connaître les gens dans le meilleur et dans le pire), nous avons eu droit à un vent magnifique, force 7, qui nous a lavé de vagues énormes et nous a fait filer à 12.4 noeuds, un nouveau record pour le bateau. La tempête que j’avais demandée au bon dieu.

J’ai découvert qu’Arthur pose toujours pour mes photos.

Un regard vers le ciel – focs, hunier et misaine

Les voiles sont bien gorgées de vent

et on cante on cante dans la mer

nous fendons l’eau, et le bateau est sur de lui

Magnifique trainée turquoise

Arthur dans l’action – mission du jour et de la nuit : vider le bateau de l’eau, vider le bateau de l’eau.

Dans la cuisine, on entend les ustensiles et les casseroles battre le rythme des crêtes. Jean Paul, un extraordinaire marin qui semble sortir d’un livre, et moi sommes plongés dans une euphorie immense à la vue de la mer qui respire de bruine, les montagnes qu’elle sculpte, la force de nos voiles, l’energie du vent. Pendant que tout le monde est en train de vômir, ou de dormir.

Le lever du soleil aux couleurs féeriques

Le matin pleure.

L’eau file autour de nous

Jean Paul extraordinaire.

Aisha – mon autre préférée et femme fatale du Bel Espoir, et Laurent, notre cuisinier à la vie incongrue

Vu du filet magique ou on se sent heureux peu importe ce que l’on fait – on y voit le bateau derrière soi.

Souper du jour de l’an – ou devrais je dire diner, ces français ne cessent de rire de mes expressions, et tout le monde arrête pas de répéter “Ça a pas de sens”, apparemment un favori.

à Lisbonne, le surplus d’alcool nous amène incéssamment vers les meilleurs burgers au monde, confectionnés dans une roulotte avec le plus grand soin et la plus minutieuse concentration par ces deux potes. Je n’ai jamais vu un burger recevoir autant d’amour.

À Lisbonne, il y a les trams.

Le jeune Yannick, ou Sean Penn? lave sexyment la vaisselle.

À Lisbonne, nous sommes restés bloqués par le mauvais temps pendant dix jours incluant le Nouvel An, ce qui nous a fait boire une vingtaine de litres de bière et faire les touristes devant des trucs chiants comme cette tour.
Nos cabines sont éclairées par un curieux prisme qui donne plein de lumière qui ressemble à l’aube.
À cause de notre retard à Lisbonne, nous avons du raccourcir notre séjour à Madère à seulement deux jours. C’est une île qui a l’air merveilleuse, montagneuse, diversifiée et flottant dans la mer. Nous aurions tous bien aimé rester plus longtemps, surtout qu’on a eu que deux ou trois jours de soleil depuis que nous sommes partis, mais malheureusement notre horaire nous oblige à continuer. En plus, comme à Madère nous ne sommes pas à quai mais au mouillage, nous avons l’occasion de voir notre goélette présider l’entrée au port depuis le Zodiac et la promenade de bord de mer, et qu’elle est belle, qu’elle est magnifique. Je suis continuellement émerveillée d’appeler cela ma maison. Nous serons sur Cap Vert dans environ dix jours, d’ou je vous donnerai des nouvelles plus exhaustives.
Je quitte donc ici en espérant d’autres tempêtes.
