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Chez Chantal suivi de “I love Paris in the winter…”, édition spéciale “Trees for Sam”

Voici les promis quelques petits restes de janvier 2012: une visite extraordinaire mais trop courte chez Chantal et puis quelques jours à Paris, que j’adore.

J’ai été inspirée à mettre ces photos après avoir écrit la moitié d’un cahier cet après-midi à une very very very good friend. Entre parler des nuits entières en filant le parfait bonheur, on a été prendre l’air frais par beau temps et beaucoup de vent.

 

des hectares de marais se faisaient balayer

 

La parfaite campagnes aux demeures mystérieuses

 

réfléchir aux droits : elle le fait.

 

S’en suit un court spécial arbres pour toi Sam, je te dois déjà six ou sept semaines worth of trees.

 

 

 

 

 

 

plus à venir. Une rivière

 

 

Hihi!

 

 

 

Tout ceci ressemble étrangement à Trondheim.

 

 

les maisons sont tellement adorables le soir, on y voit des monsieurs qui lisent le journal dans de grands fauteuils capitonnés, éclairés de lampes sur pieds avec des abat-jours anciens en tissu brodé, flanqués de franges!!! Et il y a un salon de thé. Un antiquaire. Des fish and chips. Et les petites cours.

 

Puis, on s’est soudainement retrouvés à Paris, chez Claire une merveilleuse et adorable amie de Camille. Elle nous a gavés de vins, de fromages décadents, de rires, de quartiers, de ruelles, de simplicité et de pure joie. Elle nous a immédiatement cédé ses clefs, son lit, son frigo et son coeur. Voici ce qui la résume: un grand sourire. Coup de foudre garanti.

 

 

coquine

 

Comme disait Ella, j’aime Paris irrévocablement en toute saison, elle est si belle et il me semble que je ne m’en lasserai jamais, jamais. Même pas de cette tour.

 

Qui, à notre plus grande surprise, s’est mise à clignoter de mille feux vers les six heures du soir, pour quelques secondes. Un miracle inattendu.

 

 

Bizarrement, je ne connaissais pas le Pont des Arts et ses milliers de cadenas d’amour accrochés par des tourtereaux en quête d’éternité.

 

 

Sam, Paris also has trees for you.

 

 

Même Notre-Dame ne cesse jamais de me fasciner. Il y a plus d’espace et de vertige qu’au sommet des plus hautes montagnes, les moindres sons y existent dans chaque recoin (et il y avait un tout petit choeur aux voix cristallines qui justement y chantait à ce moment), le sens du grandiose déchire la poitrine, j’y resterais une semaine entière je pense.

 

 

des écoliers impossibles… en trottinette. avec des cartables.

 

 

dans la rue de Claire.

 

 

 

More trees.

 

 

En grimpant d’innombrables ruelles et boulevards, on tombe sur plein de vitrines comme ça, et on débouche par surprise sur plein de petits belvédères d’ou on peut voir le tout Paris.

 

 

Je la visiterai autant que je vivrai.

Printemps à Montréal : un phénomène.

Dimanche passé, on est allés faire du ski. Montréal était couverte de difformes masses de glace salée et poivrée de petites roches, et d’une bonne couche de slush brune. Je me rappelle qu’il y a aussi eu il y a moins de dix jours une passable tempête de neige, telle qu’on ne s’entendait plus marcher. Mon vélo a horriblement souffert, blotti sous notre escalier en colimaçon extérieur: sa chaîne a rouillé, il a commencé à grincer de partout et mon choix de vitesses s’est réduit à deux.

Mais aujourd’hui, soudainement, Montréal s’est réveillée. Ce matin, j’étais fébrile d’amener Sigurd à Outremont, sur St-Viateur, aller chercher des bagels chauds qui sortent du four. Les constellations de petites roches à traction supérieure sont innofensives sous nos pieds, éparpillées sur l’asphalte sèche et chaude, inutiles. Ça sent la terre. C’est dimanche – l’occasion parfaite pour sortir le vélo en carbone pour la première fois de l’année. Rue Bernard est pleine de lycra. De fenêtres grandes ouvertes, de tables sorties sur les trottoirs, de manteaux accrochés aux dossiers de chaise, de ventes de garage impromptues par terre à des coins de rue, de monsieurs juifs à l’air très occupé vêtus de plusieurs couches de vêtements longs, de conversations tombant des déjeuners sur les balcons de duplex, d’autos aux vitres baissées déversant de la musique sur nous, les heureux piétons du printemps.

Je suis allée, accompagnée de Sigurd pour une partie de la journée, retrouver mon endroit préféré à Montréal, ou le fleuve rencontre le canal sur une belle langue de parc qui se jette dans l’eau. J’ai trouvé ça en examinant une carte de Montréal en attendant le métro il y a quelques années, et je me rappelle de ma surprise initiale en arrivant ici comme si c’était hier.

Le canal est encore complètement gelé, et des blocs de glace défilent rapidement dans le Saint-Laurent, de l’autre côté.

 

 

arrivés au bout de la terre, on se sent ici presque comme au bord de l’océan à regarder dans les antres du fleuve

 

C’est populaire aujourd’hui.

 

 

Sigurd s’installe

 

 

Nous nous laissons fondre en silence sur un banc, et autour de nous va et vient une incessante panoplie de personnes. Des bébés tout petits portés amoureusement par des papas sur des couvertures en polar, une famille de mexicains très drôle, un asiatique en patins à roues alignées, des fillettes Françaises appelées Delphine et Ophélie, des couples dans la cinquantaine habillés de vêtements “plein air” flambant neufs venus en vélos de montagne, de belles jeunes filles solitaires enfourchant leur carbone, des papies, des Africains, des skateux. J’ai amené une salade verte, du strudel d’Outremont, mon jeu Syrien de backgammon en marquetterie hallucinante, du Cohen, un livre reconnu qui bitche l’aide internationale, ma pipe Blatter, mon cahier français et ma plume de français, de la musique, une petite caméra.

 

 

Par là, ça fond. Évidemment Ophélie et Delphine demandent à leur maman si elles peuvent se baigner.

 

 

La langue de parc rétrécit toujours plus – de rue à piste cyclable à petit bout de sentier boueux.

 

 

Pour Sam, l’arbre, plein de bourgeons prêts.

 

 

C’est parti, Chantal. Étendue seule sur l’herbe de l’an passé, je me fais chauffer doucement par le soleil et il n’y a pas de vent, et les ombres sont longues, et des oiseaux gueulent partout, et l’encre de la plume à Mathieu, polie de son écriture pendant des années, aime les soyeuses feuilles épaisses Claire Fontaine, et il y a toutes sortes de musique qui joue et c’est infiniment décadent.

 

 

Je n’ai jamais vu ces oiseaux avant

 

 

Ni celui ci

 

 

Un gars fait même de la pêche à mouche dans ma face. J’ai toujours voulu voir quelqu’un faire ça devant moi. C’est beau…

 

 

Les petits rouges semblaient avoir envahi l’endroit et s’échangeaient des dialogues qui sonnaient comme un fax.

 

 

 

ils se gonflent le pouet en chantant

 

 

je reprends la piste cyclable au lieu de la rue St-Patrick pour revenir car il n’y a plus trop d’achalandage, et je retrouve, fascinée, ce coin de Montréal, les vieilles fabriques, l’écho qu’elles font, la vieille brique dans le soleil de fin de journée,  les écluses, la ligne de train.

 

 

Je suis même gâtée avec le train du CN qui nous bloque le passage pendant un bon dix minutes.

 

 

 

 

 

 

 

Je t’aime Montréal.

Retours, départs: Trondheim, Londres II

Je suis à Montréal depuis bientôt trois semaines. Il est depuis longtemps l’heure de se coucher, dehors bourdonne de flaques écrasées par d’interminables pneus d’hiver et le projecteur de la Place Ville Marie pellete les nuages de pluie. Les derniers soixante jours ont passé comme un rêve fou sans interruptions, vélo cambodge malaysie londres molde trondheim londres paris montreal, plein d’absurdités, de nouveaux visages, de visites, d’histoires, de bras ouverts, réflexions, dépressions, retours, départs, incohérences, indécisions, passions, découvertes, réconciliations, aveux, mots, innombrables nuits blanches. Du voyage il me reste encore quelques bouts à poster de temps en temps pour avoir une excuse d’écrire.

Début janvier je passe une semaine avec Alex à Trondheim, à ne jamais dormir. Je découvre les nouveaux amis d’Alex et comme d’habitude, nous tombons sans cesse sur de nouvelles sources de fascination qui nous empêchent de fermer l’oeil. Regarder des noix de grenoble au microscope, essayer une nouvelle sorte de vodka, flâner en ville, faire de la bouffe bizarre, la semaine passe comme un ouragan et me laisse soudain à court de souffle dans l’avion – le vide éclatant et surprenant à revivre, à refermer encore. C’est l’heure des départs.

À Trondheim, il y a plein de neige et la lumière d’hiver est, comme toujours, des plus féeriques

 

de belles personnes – Catalogne, Norvège

 

 

ces norvégiennes…

 

 

Jokin

 

 

histoires

 

 

Je retrouve avec désespoir les titres des journaux norvégiens qui ne se sont pas améliorés… “Ulf a eu la moitié de l’amende parce qu’il est SUÉDOIS” et “Alarme bactéries – une épidémie décime la Norvège” ouain.

 

 

Je rencontre aussi le superbe Yousif, l’ami SouthSoudanais d’Alex qu’on initie aux bagels! Alex a bien pris soin de m’attendre avant d’utiliser le bagel mix qui lui fut envoyé transatlantiquement pour Noel par sa soeur.

 

 

ça prend trois heures; on aime ça

 

 

ça nous laisse amplement le temps d’avoir de la joie

 

 

prêts pour la marmite

 

 

les gars s’affrontent lors d’une partie sanglante – wow

 

 

Yousif ne se laisse jamais vraiment décourager

 

 

Renouant avec la Russie – vodka, pickle.

 

 

la vue incroyable de chez Alex. Je me rends compte, estomaquée, qu’on a jamais essayé de faire de la voile à la pleine lune pendant que j’étais à Trondheim. Je hurle de regret. Puis je pars. ouch.

 

 

De départs en retrouvailles, je reviens très vite à Londres et y accueille Camille qui vient m’y rendre visite quelques jours.

 

Camille toute en beauté prête pour les charmes britanniques

 

 

On aperçoit cette vue toujours très soudainement en sortant de sous l’un des nombreux ponts de South Bank, et la lumière la rend toujours différente. J’adore

 

 

Camille et moi nous retrouvons en marchant une vingtaine de kilomètres dans toutes ces rues courbées, papotant de la guerre, d’amours et de vie

 

touriste un jour touriste toujours

 

 

il fait bon et froid

 

 

et Londres est si belle, si belle encore

 

 

 

Camille fume une clope après l’autre en regardant les patineurs aux skills affreux sur cette patinoire au centre ville – tout le monde tombe sur les fesses, se rentre dedans, crie d’horreur ou piétine ou titube en s’agrippant très fort à la paroi. Ça coute 12 GBP cette patinoire mais par un hasard inoui une dame nous approche et nous refile ses billets de trop. Nous y passons donc une bonne heure à démontrer nos racines nordiques et nos compétences en sports d’hiver.

 

 

oh st james

 

 

Le lendemain passé à boire des thés dans les divans Montréalais de ma mère et à jouer du oud que Camille amenait direction Turquie

 

 

que c’est beau cet instrument… même si on a rapidement fait fuir le chum de ma mère au deuxième étage avec notre musique arabe

 

 

puis voilà j’amène Camille chez Nick qui nous fait des bangers and mash en vrai gentleman britannique

 

Cela satisfait Camille

 

 

après quoi on rencontre un gang de rue avec un chien nommé Snoop Dog. Sérieux…   Du pain doré le lendemain, à nous fasciner de nouveau de l’incroyable lumière qui traverse cet appart Camdenien

 

 

comme les matins toujours devraient être

 

 

on retrouve chat cute qui commence a avoir le bout des poils gris et les yeux moins bleus… mouain mettons qu’on l’a aperçu au sommet de sa gloire

 

visite du flea market avec mes deux amis

 

 

ils s’entendent à merveille

 

 

et le temps est parfai

 

 

 

ma foi, dommage que le Eye soit hors service. Nick allait nous y inviter!

 

 

englishman in NY

 

 

 

Camille est partie très vite aussi, seulement après quatre jours passés ensemble, voilà un autre départ à durée indéterminée…re-ouch.

Je retrouve ma mère et nous allons faire un tour sur la côte. Une belle journée, on est contentes

 

on décide de ne pas nous limiter à la terrasse du café – on passe les barrières à moutons et marchons un bon demi kilomètres avec nos tasses de cappuccino échevelées par le vent

 

 

la vie la vie

 

 

et Brighton elle est belle aussi

 

 

avec ses petites maisons de plage

 

 

l’hiver lui fait bien

 

 

 

 

 

 

 

 

c’est magnifique, ça sent les algues à plein nez, la marée recule vite

 

 

 

 

oh dear! young ladies

 

 

c’est l’heure d’attraper des poissons

 

 

ainsi parla la mouette

 

 

la marina carillonne, il vente fort

 

 

 

..

 

 

 

 

des nuages d’oiseaux virevoltaient en changeant constamment de forme comme une aurore boréale, fluides, imprevisibles, précis

 

 

je capote. Je reste sans voix à les regarder pendant au moins une heure même si le vent fraîchit. La lumière bleue.

 

 

 

 

ce ne sont plus les Montréalais qui me liront! à venir, Paris le dernier petit bout, puis ma ville à moi, pleine de iphones, de bagels, d’amour, d’aventures, de folies, d’émerveillement. Tout le monde est tellement gentil et plein d’amour que Montréal me décape entièrement le coeur. À voir la suite…. rien n’est décidé, tout est incertain