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Chili et Argentine : Patagonie

Après le bateau et le départ affreux me séparant d’un paradis plein d’amour dont je refusais de voir la fin jusqu’à la dernière seconde, nous sommes restés tous les deux. Sans plan. Le voyage d’avion jusqu’à Buenos Aires a pris trois jours en passant par Ste Lucie, Atlanta, New York et Mexico, avec une nuit sous les néons de JFK et l’autre sous l’air conditionné d’un gros Boeing.

Nous avons eu la chance de surfer notre deuxième divan à vie avec un ambassadeur argentin plein de chats nommé Ezequiel, un personnage intriguant qui m’a mis dans plusieurs de mes états et que j’espère rencontrer encore plus tard pour cause de ne pas l’avoir connu assez. Sigurd et moi devons donner régulièrement de l’amour aux trois chats qui demandent régulièrement de l’amour.

Après plus de 50 heures d”autobus (moins pire qu’on croyait si on est équipé d’un litre de vin à 2 dollars) on est arrivés au parc national de Torres del Paine, et à notre plus grande surprise ces montagnes se cachent au milieu d’interminables plaines appelées pampas et peuplées d’une sorte de lama, d’autruches sans ailes et Sigurd a même vu un armadillo.  Apparemment il y a aussi des cowboys.

Les arbres très secs des forêts brûlées sont partout

Crise d’identité

Torres del Paine au lever du soleil après une nuit très froide et un bol de gruyau – nous avions commandé du rouge mais n’avons eu que du rosé.

Hommage à Svalbard

Wordpress chie encore mes couleurs! mais c’était très joli

L’escalade (artificielle) de la tour nord ne prend apparemment qu’une journée, mais on se disait, en mangeant des biscuits à l’avoine, qu’avec le vent et le froid qu’il fait on doit vraiment avoir froid aux mains et à toutes les autres parties du corps.

joli!

Le lac enchanté

Après une journée de marche sur terrain plat commencée tard dans l’après midi, on a tellement envie de notre repas de burger et de patates pilées qu’on ne tient plus à rejoindre le campement officiel et on commet le crime de s’installer dans ce gai pré avec des marguerites (on m’aime à la folie, j’ai vérifié!) mangés par des milliards de moustiques.

Ici, il vente à 100 km h et c’est pourquoi les plantes ici ont l’air de ça – mottes piquantes accrochées è la paroi.

En arrivant au lac Dickson on aperçoit le glacier à la frontière Chilienne

Chili, Patagonie, en préparation d’une nuit è la pleine lune. Nous avons aussi eu des spaghettis et du riz gratuit parce que je suis blonde et que j’ai les yeux bleus.

Volcan de nuages

Plages volcaniques de sable noir

Le lendemain, comme journée de repos, nous avons parcouru quinze kilomètres jusqu’à la frontière chilienne aller voir les policiers apparemment en manque d’affection. Nous en avons trouvé un dans son poste de frontière qui nous a parlé du tremblement de terre dans le pays (dont beaucoup de marcheurs s’inquiétaient beaucoup, n’ayant pas de couverture téléphonique pour rejoindre leurs proches à Santiago) et nous a abreuvé de Nescafé avant de nous montrer le chemin vers le glacier Dickson, une bête énorme à moitié cachée dans les nuages, que nous avons observée dans un vent qui nous soufflait l’herbe de sous les pieds.

Pour ceux qui trouvent ça trop proche?

Une jolie cascade est non loin de là

La police de frontière amène ses provisions et leur propre personne en hélicoptère, et pour s’assurer la fraîcheur de la viande consommé ils ont aussi hélicoptéré ici un petit agneau qui ne se doute de rien et à qui ils refusent de donner un nom pour ne pas s’y attacher. Moi je l’ai baptisé Bernarda pour leur tourner le fer dans la plaie.

Jack, all we have is Brokeback Mountain

Sigurd joue du tapis de sol

American Apparel goes extreme south

Buvant l’eau du glacier et mangeant la découverte de l’année – des fraises en boîte!!! wow.

Ne t’écroule pas

La randonnée nous amène au col John Garner, ou nous apercevons pour la première fois l’énorme glacier Grey, que nous suivons jusqu’à sa face toute la journée.

Plus d’arbres morts

C’est l’heure d’une soupe alphabet

Forêt brûlée peuplée d’arbres fantômes

Bouh

Marcher la dessus semble aventureux

Sigurd traverse un ravin

Ravin bien équipé!

GLACIER!

En nous installant proche de la face du glacier, fascinés, nous nous faisons un café et nous retournons en entendant un bruit d’outre tombe – ce bout de glace énorme de vive couleur émeraude(la facade du glacier fait plus de 70 mètres) remontait à la surface du lac accompagné de gros bouillons, avant d’exploser en mille morceaux. Nous semblons avoir été les seuls témoins de ce rare phénomène et nous étions tellement impressionnés que nous avons (inutilement) passé deux heures au même endroit à attendre que d’autre chose se passe…

La glace et sa chair organique aux couleurs impossibles

changeant de nuance à chaque nouveau rayon de soleil

Le petit bras est du glacier dans toute sa grâce

Textures

Sigurd coquine café en main

et moi je mange des biscuits au chocolat!

front

Camping sur la plage glacée

Dîner des rois parmis les blocs de glace – choriso, carotte, oignons, purée de pommes de terres, le tout bien poivré et saucé au vin rouge, le paradis! Pour dessert, une reprise des fraises en conserve!

Glace

Les isbergs flottants, créations fantastiques,  se transformaient sans cesse d’oiseaux en animaux en fleurs en sculptures effilées

À la sortie du soleil

Déjeuner

Il reste encore des fleurs

Premier apercu des Cuernos del Paine par un temps magique

Plus de soupe alphabet! Je pense à Pierre Marc.

Nous montons une petite côte et admirons les couleurs extraordinaires de ces falaises brutales contre un lac si turquoise

Tout à côté, douces plaines balayées par le vent

Le Cerro Paine grande préside la nuit comme une reine, accompagnée d’Orion et de la pleine lune

Les ombres chinoises du lever du jour dans ma nouvelle Quarter Dome qui tient bon!

Sigurd admire sa favorie

Qui envoie au fond de la vallée des rivières rugissantes d’eau pure

La belle couronne de fiançailles contre sa peau toute noire

Bruit!!!

Je visite une grosse chenille verte pendant sa sieste d’après midi, recroquevillée confortablement dans l’ombre d’un sapin

Le glacier timidement posé sur Paine Grande envoie continuellement d’énormes blocs de glace au fond de la vallée – nous avons surpris une avalanche particulièrement spectaculaire

Gracieux arbres tout bas

Sigurd et sa photo de confirmation

Far West

tout le massif

on fait la grasse soirée et on regarde le soleil se coucher derrière les sommets ouest avant de retourner à notre tente

Dix jours sans douche pour les cheveux d’une apparence saine

et des chaussettes qui tiennent toutes seules (produit par Sigurd)

Forêt enchantée

Mont Épée

plus de forêt fuckée

Le lac s’est mis tout de couleur à notre retour

et la dernière journée, un lever de soleil sur un dixième jour de beau temps consécutif.

Demain nous allons dans le massif du Fitz Roy, espérant continuer ensuite vers des terres moins civilisées, moins chères, plus fascinantes par ses gens et moins touristiques, chose que nous espérons atteindre par la Bolivie, la Colombie et l’éventuelle traversée du Pacifique vers d’étranges contrées orientales. En attendant nous réfléchissons au futur immédiat de nos carrières.

Il semble que nous sommes les deux millièmes cette année à rester dans cette auberge de jeunesse après avoir quitté leur emploi et entrepris un long voyage en Amérique du Sud – Monde – etc. Nous nous attendions à ça mais espérons combattre la blase avec plus de couchsurfing et donc plus de rencontres fascinantes et éventuellement un atterrissage de longue durée quelque part, prenant part à une activité non insignifiante.

Pour ma part, je ne sais pas vraiment ce que je veux et ou j’en suis, nous avons tous les deux un peu le blues et la blase, j’ai envie d’être sur un bateau ou être en Asie, donc je n’ai qu’à être patiente, et regler le reste des problèmes en ingérant un bon litre de fantastique et peu chère bière argentine.

S’il vous plaît écrivez moi et aussi n’hésitez pas à m’envoyer vos adresses postales si vous suspectez que je ne l’ai pas, pour recevoir des cartes postales!

à bientôt!

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Mon voilier est parti voir ailleurs – Bel Espoir, spécial “gens”

Le temps sur le Bel Espoir si vite terminé, et maintenant je repasse ces journées parfaîtes toutes différentes les unes des autres dans ma tête, pendant les heures d’autobus, les minutes avant que mes yeux se ferment, pendant que mes pieds envoient voler des roches sur les sentiers des montagnes d’ici, tout le temps. Avant de passer à notre voyage seuls, j’envoie en vrac les photos restantes de mes jours sur le Beau Bateau.

À Madère, l’océan appelle. Jean Paul se demande comment il est possible pour cette île d’être peuplée malgré l’irresistible horison.

À Madère toujours, Sigurd est heureux de monter un peu au dessus du niveau de la mer.

Magnifique, parfaite, plus beau que tous, notre maison préside le port.

Au milieu de l’Atlantique, on fend les vagues et le Zodiaque a peine à lui tenir compagnie

Adorable Ana un jour de barre docile.

Arthur était incroyablement toujours prêt pour ma caméra… ici dans une irrésistible allure de pompier naval, ouais. Vous voulez qu’il vous lave et vous savonne.

Finalement après quelques jours de pratique je pouvais m’asseoir sans stress dans les fourchettes en bois vers le haut du mât, ou j’ai passé de longs moments de parfaît bonheur – levers du soleil perchés là-haut avec Morgane à ne pas dire grand-chose, vers les six heures du matin alors que tout le monde dormait encore, à voir la mer et le ciel s’illuminer tranquillement, à se balancer autour d’un horison prometteur et interminable, apercevoir soudainement une centaine de poissons volants rebondir sur la surface de l’eau, observer les dauphins jouer avec la proue filant dans l’eau à une vitesse folle, regarder les gens faire une chose ou l’autre sans être vu, et bien sentir le mouvement des vagues et la force des voiles juste devant soi. Aussi le seul endroit sur le bateau ou l’on puisse parler sans être entendu, à condition qu’il n’y ait personne dans le mât voisin.

En y montant le soir me voici dans les enfléchures, pendant que le souper est en train de cuire.

Le rouf abrite une quantité incroyable de vaisselle cassable qui, par temps de houle, explose en mille éclats en s’envolant des tables et des étagères, ce qui nous a rationné sévèrement en verres ent en bols pendant la deuxième moitié de la traversée.

La guitare du cuistôt servait en général à des plaisirs solitaires (j’ai même recommencé à jouer, mais l’éternel combat ongles contre éléments a été perdu en faveur des éléments) mais quelques soirées fûrent musicalement mémorables, dont celle là agrémentée de chansons de Brel, Aznavour et Renaud, chantées au couchers du soleil par une douzaine de personnes rassemblées près de la passerelle de pilotage et accompagnées de dauphins en manque d’attention.

Arthur et le capitaine incarnent un tableau sur le thème “mon fils est à l’université et j’en suis fier”. Poulon notre commandant semble être un chaud sujet de controverse sur les bateaux à cause de son caractère explosif, mais moi j’adore et respecte complètement son sens de l’humour et sa personnalité unique, toute proche de nous malgré les éclats de tonnerre. Sigurd l’a surnommé Le Gentil Monstre Marin, et les moments passés dans ses parages, de calme comme de tempête, me manquent beaucoup.

Le bateau ne dort jamais complètement, et les heures de quart nocturnes sur le Bel Espoir étaient définitivement un trésor arraché au brouhaha général du quotidien. Cinq, six personnes sur tout le bateau étaient dans la passerelle à toute heure de la nuit, à coups de trois heures,  à tenir la barre, manoeuvrer, surveiller les instruments et les bateaux qui s’approchent, déchiffrer les constellations, se faire des grignotines scandaleuses (plusieurs gâteaux et beaucoup de kilos de crêpes fûrent faites sous les étoiles!), fumer des clopes et parler parler parler en se faisant bercer par la longue houle sous le vent chaud et la clarté hallucinante de la lune. Ici, Morgan fait un point sur la carte au milieu de l’océan, personne sur le radar!

L’arrivée du jour avait à chaque fois quelque chose de magique, on avait survécu à la nuit, on commençait à bien voir les voiles, le temps, le bateau, on pouvait faire de nouveaux ajustements, et puis l’intimité de la nuit continuait encore pour quelques moments après l’arrivée de la lumière, avant que les masses se lèvent.

Le soleil allume les nuages

Sigurd attend ma prochaine crêpe

On en profite pour poser pour les papparazzis dans le bout dehors

Soudainement, un plan de fuite mal coordonné

Sigurd interrompt la fainéance en lavant un peu de linge.

La meilleure nouvelle par jours de chaleur écrasante était d’entendre l’appel à la manoeuvre d’arrêt – et donc BAIGNADE en plein milieu de l’océan.  Ces arrêts d’une petite heure étaient pleins de rires, et les trente ans et moins faisaient la file pour se faire balancer dans les flots du haut d’un trapèze accroché à une drisse de voile de fortune, amarrée sur le bout d’une vergue bien haute. Les non initiés étaient tous bien nerveux en grimpant sur le bout du bout dehors avec la chose dans les mains! Morgane, lui, avait fait un tour de force en sautant en primeur du haut du mat, provoquant un silence général et braquant sur lui tous nos regards. Le voici exécutant un prodige moindre.

Aura vite fait de sécher le pont chaud

“Le cap, bordel!” est ce qu’on entendait le plus souvent gueuler par tout le monde sous n’importe quel prétexte

Expédition Sac de Couchage (qui pue maintenant d’une odeur inexplicable et inimaginable à cause de l’humidité, de la chaleur, du sel, de la rouille et des pieds)

Un petit tazar était pêché tôt le matin; d’autres trouvailles incluaient thons et daurades énormes, jolis et gouteux. Nous avons aussi dévoré quelques poissons volants vu leur abondance sur le pont.

Jean Paul se balance au dessus de la vorace hélice en changeant une voile

Belle et gentille Brigitte, infirmière de profession, peint notre magnifique navire, prenant une pause des demandes quotidiennes d’extraction de bouts de verre cassé des pieds et des mains de tout le monde. J’aurais pu vous choquer en prenant d’ailleurs une photo de mes pieds (et mains) à l’issue de la traversée – j’aurais pu marcher des kilomètres sur une route en gravier…

Au Cap Vert, on sculpte.

un beau port…

Les Capverdiens sont super chaleureux et on fait la fête toute la nuit, surtout après quatre jours sans alcool depuis Madère!!!

Le lendemain on se repose en faisant une marche dans les plages montagneuses de la côte ouest de l’île.

toujours Morgan. ça a l’air que c’est lui qui a fait les choses les plus photo-worthy!

Ana femme sauvage des cavernes remonte après la pêche (en fait, après s’être fait irrévocablement voler une sandale par une grosse vague)

Gros harpon!

Retour de pêche à la tombée du jour, des disaines de bateaux remontent pleins de monstres marins

Les enfants du monde! Sur cette plage je me suis mise à faire un château de sable, et TROIS (3) enfants sont venus jouer avec moi tout en me parlant portugais… merde j’ai failli m’évanouir de stress mais j’ai fait mine de rien en souriant et en dirigeant mon équipe vers l’élaboration d’un village de sable complet

Au port de Cap Vert, avec le Rara Avis nous sommes les deux seuls voiliers dans la cour des grands (bateaux).

Laia se fait détruire par la quotidienne thalasso – arrosage violent du corps par boyau d’arrosage, ouch! A bas la cellulite

Des globicéphales et des femmes de rêve

Hamac joyeux

Tous les problèmes se resolvent avec un peu de scotch tape.

Marin fatigué près de sa boîte à outils se frottant la tête après avoir lu un chaud bouquin de Vian. Par qui commencer?

Il faut ranger les bouttes qui pendent.

Jean Paul fait ce qu’il faut.

et Aïcha de sa beauté sublime vérifie

Au clair de la lune

Poulon et Dominique occupés avec des dessins animés au lieu de leur partie de Scrabble d’après souper quotidienne

Je recouds, avec Aïcha, la voile de flèche déchirée.

Absolument adorable Vincent fait la vaisselle en poussant des cris d’ane et l’eau mousse toute seule en se faisant regarder de ses verts yeux pétillants. Le plus jeune du bateau est aussi follement fûté, et la marine devrait avoir trop hâte qu’il devienne capitaine.

En ne suivant aucun ordre logique, nous sommes de retour à la randonnée de Madère avec les six hommes qui ne m’ont pas aidée galamment à transporter mes bagages et mon corps jusqu’au sommet : Arthur, Sigurd, Yannick, Solen et Bruno, le groupe de jeunes passagers fort agréable qui, durant des douzaines de bacchanales hilarantes dans divers ports, a bu des milliers de litres d’alcool depuis le départ de Bière, euh je veux dire Brest.

Je vous disais donc qu’Arthur est toujours à l’affut de ma lentille.

Alex and cat. Le chat était pouilleux mais pour les besoins de la photo cute Alex en fait abstraction, ou peut être je lui ai expliqué la situation après avoir eu ce que je voulais.

Alex élegamment assis aux sommets de Funchal en train de siroter une bière le foulard au cou, en composant des Alexandrins.

Funchal

Sigurd effrayé par la grosse ville

Pour finir une photo en exclusivité de la fameuse soirée de noel ou tout a commencé… comme on dit, aux racines de l’amitié!

Je veux juste retourner sur le bateau, là ou j’étais heureuse sans question, je veux ne pas toucher terre si vite, je veux ne voir que l’océan pendant des semaines, je veux des tempêtes, des clopes la nuit, je veux des dauphins des voiles des casseroles qui se balancent, je veux des intrigues des accolades et des rires, je veux de la corde, des ports des pavillons, je veux le bruit du bois qui travaille dans ma cabine, je veux entendre le clinquement régulier de la bringueballe, je veux trier des patates et les éplucher dans la mer, je veux suspendre mon linge à sécher aux bômes, je veux entendre le claquement des voiles qui prennent dans le vent en se faisant hisser, ramener de grands coups de barre le cap dérapé par une grosse vague, jongler avec mon bol pour y garder ma soupe, marcher pieds nus sur le bois chaud du pont qui se balance, prendre une vague dans la face, être au bon endroit au bon moment et savoir quoi faire, donner de l’amour au bateau à coups de fil, de graisse, de pompe, de clé à molette, et puis je veux être encore avec tous eux, la fuyante Aïcha et sa beauté mystérieuse, l’étincelant Vincent, le détendu Paul et sa gentillesse sincère, Morgan complètement enfantin mais aux magnétiques profondeurs sombres, le trésor Bruno aux mille histoires drôles, fascinant, fou et passionné Solen, généreux Yannick, douce Charlène, adorable Ana, et d’autres, tous plus incroyables les uns que les autres… et après il y a le départ d’Alex, et tout est passé trop vite.

Notre voyage seuls démarre lentement avec une semaine à Buenos Aires et une autre dans les montagnes Patagoniennes et c’est tellement beau que demain je vais essayer de vous faire voir les photos; mais nous attendons d’être vraiment dépaysés, enfin je raconterai demain car j’ai envie de penser au bateau cette nuit.

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Lune de miel avec le Bel Espoir

Salut à tous – un petit message rapide avec quelques photos en vrac du magnifique bateau et notre vie en mer, avant de repartir dans une heure vers le Cap Vert.

Arrivant à Brest la nuit du 20 décembre, nous avons trouvé le bateau après un peu plus d’une heure de recherches dans un port très industriel. Fatigués de chercher, nous avons demandé aux gars saouls du premier pub qui avait l’air bien marin, et on nous y a de suite amenés. Quelle beauté!!!! Nous avons d’abord aperçu son hunier roulée, la petite voile carrée juchée en haut du premier mat, puis sa silhouette magnifique, flottant comme une reine sur l’eau.

Tout le monde dormait alors on nous a rapidement servi une assiette de fromages et nous sommes allés nous coucher, les trois dans la même cabine.

Le lendemain les deux grands bateaux  (le Bel Espoir et le Rara Avis) ont eu la chance de larguer les amarres et de lever les voiles après quelques heures de brouhaha général.

Ensuite les jours se sont enfilés à une vitesse incroyable malgré le peu qu’on avait à faire. Trente nouvelles personnes à connaître, plein de trucs à apprendre sur le bateau, tout en mangeant des plats super cuisinés par Laurent et en dormant quand bon nous semble. Dès la première journée nous nous sommes retrouvés à la barre du bateau, le nez dans le compas, et accrochés aux cent cordes qui pendent de partout, empilés les uns sur les autres dans la soif d’action et de connaissance, dérangeant grandement les maneuvres.

Il y a sur le bateau une variété rafraîchissante de personnes, plusieurs avec une histoire passionnante ou une personnalité étonnante. Après deux ans d’hibernation sociale en Norvège, je me suis retrouvée complètement dépourvue de repères et je ne sais plus comment me conduire en public. C’est difficile de doser sa présence et sa curiosité, et trouver l’équilibre entre l’espace qu’on laisse et celui qu’on prend. J’espère que le temps fera encore sa petite magie et tout entrera bientôt dans l’ordre.

J’espère vous raconter les gens lorsque je serai au Cap Vert.

Pour l’instant, quelques photos sans ordre.

Un moment magnifique avec la belle Laia de Barcelone, qui m’a rempli les poumons d’une joie irrationnelle – peler les patates dans la mer bleue en filant à une vitesse folle.

Monter dans les enfléchures malgré la peur – étais je attachée? ;o)

Sigurd à la barre, le capitaine baille derrière

Au départ de Lisbonne, après une semaine d’alcool au port (ou on apprend à connaître les gens dans le meilleur et dans le pire), nous avons eu droit à un vent magnifique, force 7, qui nous a lavé de vagues énormes et nous a fait filer à 12.4 noeuds, un nouveau record pour le bateau. La tempête que j’avais demandée au bon dieu.

J’ai découvert qu’Arthur pose toujours pour mes photos.

Un regard vers le ciel – focs, hunier et misaine

Les voiles sont bien gorgées de vent

et on cante on cante dans la mer

nous fendons l’eau, et le bateau est sur de lui

Magnifique trainée turquoise

Arthur dans l’action – mission du jour et de la nuit : vider le bateau de l’eau, vider le bateau de l’eau.

Dans la cuisine, on entend les ustensiles et les casseroles battre le rythme des crêtes. Jean Paul, un extraordinaire marin qui semble sortir d’un livre, et moi sommes plongés dans une euphorie immense à la vue de la mer qui respire de bruine, les montagnes qu’elle sculpte, la force de nos voiles, l’energie du vent. Pendant que tout le monde est en train de vômir, ou de dormir.

Le lever du soleil aux couleurs féeriques

Le matin pleure.

L’eau file autour de nous

Jean Paul extraordinaire.

Aisha – mon autre préférée et femme fatale du Bel Espoir, et Laurent, notre cuisinier à la vie incongrue

Vu du filet magique ou on se sent heureux peu importe ce que l’on fait – on y voit le bateau derrière soi.

Souper du jour de l’an – ou devrais je dire diner, ces français ne cessent de rire de mes expressions, et tout le monde arrête pas de répéter “Ça a pas de sens”, apparemment un favori.

à Lisbonne, le surplus d’alcool nous amène incéssamment vers les meilleurs burgers au monde, confectionnés dans une roulotte avec le plus grand soin et la plus minutieuse concentration par ces deux potes. Je n’ai jamais vu un burger recevoir autant d’amour.

À Lisbonne, il y a les trams.

Le jeune Yannick, ou Sean Penn? lave sexyment la vaisselle.

À Lisbonne, nous sommes restés bloqués par le mauvais temps pendant dix jours incluant le Nouvel An, ce qui nous a fait boire une vingtaine de litres de bière et faire les touristes devant des trucs chiants comme cette tour.

Nos cabines sont éclairées par un curieux prisme qui donne plein de lumière qui ressemble à l’aube.

À cause de notre retard à Lisbonne, nous avons du raccourcir notre séjour à Madère à seulement deux jours. C’est une île qui a l’air merveilleuse, montagneuse, diversifiée et flottant dans la mer. Nous aurions tous bien aimé rester plus longtemps, surtout qu’on a eu que deux ou trois jours de soleil depuis que nous sommes partis, mais malheureusement notre horaire nous oblige à continuer. En plus, comme à Madère nous ne sommes pas à quai mais au mouillage, nous avons l’occasion de voir notre goélette présider l’entrée au port depuis le Zodiac et la promenade de bord de mer, et qu’elle est belle, qu’elle est magnifique. Je suis continuellement émerveillée d’appeler cela ma maison. Nous serons sur Cap Vert dans environ dix jours, d’ou je vous donnerai des nouvelles plus exhaustives.

Je quitte donc ici en espérant d’autres tempêtes.

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